Notre nuit a Trasty & trine a été très agréable. certes, cela fait plus structuré que Holmen husky, mais les bâtiments son beaux. Après un très bon – et très cher – dîner à Trasty & trine la veille où le menu gastronomique enfant n’existe visiblement pas, une longue journée nous attend. Direction Vardo, à l’extrême nord est de la Norvège, soit à un peu plus de 7h de route et 615 km de là.






Sans parler d’expédition à proprement parlé – on a fait bien pire par le passé et on est quand même pas au Mali – on se dirige doucement vers un no-mans land question stations-services et ravitaillement ce qui nécessite un minimum de préparation pour caler les bons stops.
Comme toute famille normalement constituée qui a 7h de route devant elle, nous nous levons donc assez tôt pour… faire 2h30 de sortie en forêt avec des jeunes husky bien sûr ! Comme cela on ne partira de Alta que vers 12h30.
En même temps, on n’allait pas renoncer à ce petit plaisir quand même. Aussi, après un petit déjeuner un peu dans le même esprit de la veille (pas pantagruélique, mais composé que de bons produits) on se dirige vers l’enclos à puppies. C’est une guide, dont le nom nous échappe à tous et qu’on appellera donc Hanna pour la circonstance.
Mais d’abord pour encadrer un peu les 5 chiots du jour, Hanna va chercher un Husky de 10 ans, Neos. Noah est trop content, il l’a papouillé hier pendant 10 minutes et l’avait classé dans son top 3 des chiens du chenil.

Si Neos transpire la sagesse, à la seconde ou on ouvre la porte de l’enclos des jeunes, les 5 chiots de 3 mois jaillissent et partent dans tous les sens en détallant.
On s’engouffre dans la forêt et c’est un joyeux bordel. Ça coure dans tous les sens du genre récré de 10h au parc Monceau. Très rapidement on passe de 5 à 6 chiots, Noah devenant virtuellement indissociable de la meute, voir les entraînants à courir encore plus. Ils disparaissent tous par intermittence devant nous dans le chemin, reviennent en courant et en sautant entre les flaques, nous dépassent, reviennent, foncent dans la forêt, re disparaissent. Même Neos finit par partir avec eux même s’il marque une légère retenue.







Au bout de quelques minutes de marches, on s’arrête dans la forêt et on se met à cueillir des blueberries sauvages. Enfin, pour être précis le rendement de la cueillette est assez varié. Hanna en ramasse Les 2/3 ; Virginie ¼. Moi, 1/10ème et Noah environ -30. Tiens ça pourrait faire un problème de math pour Noah qui est en plein dans les fractions cela…
Pourquoi une telle différence ? Le genre est une explication. Les filles sont plus consciencieuse que les garçons. SI tu leur donnes une tache, étonnamment, elles la réalisent, tandis que les garçons, eux, sont flemmards et joueurs. Au début, Noah ne voyait pas l’intérêt de cueillir des blueberries qu’il ne mangerait de toute façon pas vu qu’il préférait jouer avec les chiots. Puis quand il a appris que les chiots adoraient les blueberries et qu’ils essayaient d’ailleurs d’en manger, il s’est mis à en cueillir quelques unes pour le leur donner, puis à trouvé que c’était plus simple de me piquer toutes les blueberries que je ramassais pour leur en donner, avant d’aller en piquer de temps en temps dans la cagnotte de Virginie. Et voilà comment en en arrive à une telle répartition de cueillette à la fin.




Malgré cela, on finit par remplir le petit récipient et on reprend notre route. Hannah nous fait remarquer que comme Noah coure il dormira dans la voiture pendant le trajet. Nous on lui dit qu’on pense qu’il va plutôt fatiguer les chiots sans impact réel sur la voiture.
Pendant tout le trajet, je me lance dans une collection de champignons. On se croirait dans la forêt d ‘Alice au Pays des Merveilles.









Notre balade nous mène le long de la rivière jusqu’à une petite clairière avec un feu de camp. Un peu de bois sec sorti de son sac et un craquage d’allumettes plus tard, elle fait chauffer l’appareil à gaufres en fonte tout en nous proposant un petit sirop de cassis. Neos et une partie des chiots se reposent un peu et se mettent à mâchouiller des bout de bois. Il reste juste Noah et nuggets qui continuent de courir partout.
Hannah me tend la récipient avec les blueberries, me fait verser du sucre et me demande d’écraser le tout avec une fourchette en bois pour faire de la confiture le temps que les gaufres soient prêtes. Bonne idée pour la Sologne, on va peut-être essayer de lancer cette animation pour les goûters d’hiver.
Entre la pâte, la confiture, le beurre, le sirop de cassis, les gaufres, à la moindre inattention, un chiot arrive à se faufiler et à tenter une léchouille avec je dois le dire vu le surnombre, un certain degré de réussite.














Le retour se fera dans les mêmes conditions avec Noah en chef de meute et Neos ayant totalement lâché son rôle de sage pour contribuer joyeusement au bordel général.
On aura pas mal discuté avec Hannah qui est polyvalente en basse saison (elle s’occupe de l’équipe B des husky du chenil, donc les jeunes de 3 ans qui sont préparés pour devenir les futurs chiens des grandes courses, mais aussi file un coup de main au petit dej, aux chambres, etc…Elle a déjà fait des courses de 300 km, sachant qu’il faut faire 2 courses de 100 km pour avoir le droit de s’inscrire à des courses de 300km, qui ouvre le droit aux courses de 600 km. Son graal serait de faire la course de 1 200 km, mais pour cela il faudra qu’elle ait son propre attelage car la course tombe au milieu de la saison touristique et son boss fait déjà la course avec 14 chiens. Aucune chance qu’ils puissent le faire tous les 2, ça enlèverait trop de chiens pour pouvoir assurer le business touristique en plus d’enlever les 2 meilleurs mushers au plus fort de la saison. Mais en tant que suédoise, elle a baigné dedans et vise cet objectif.
Il est un peu plus de 12h30, le temps de dire au revoir à tous les chiens, de refaire un énième câlin à Neos, on se met en route. Virginie va s’enquiller les près de 7h de route, moitié parce que ça l’occupe, moitié parce qu’à 80km/h elle a peur que je m’ennuie tellement que je m’endorme, ce que j’avoue être une possibilité.

Et puis comme toute équipe de chien de traîneau qui se respecte, il vaut mieux que chacun respecte ses positions.
On fera en tout que 2 stops sur la route. Un premier à Karasjok pour refaire le plein d‘essence et manger un super burger à Kjell’s café qui ne payait pas de mine mais qui s’avèrera très agréable en plus de me faire penser au film Love Actualy. Vous savez cette scène ou l’anglais rouquin super moche finit dans un café pourri de Milwaukee avec 3 filles magnifiques. Bon là c’était un mec super moche qui est arrivé avec 2 filles qui n’avaient rien à faire là et encore moins avec lui. Pas incroyablement jolie, mais toute apprêtée et maquillée dans ce qui est quand même le trou du cul du monde (je ferme la parenthèse)
Le second arrêt avant la tombée de la nuit pour admirer l’église de Nesseby perdue devant la mer.


Pas de pluie sur le trajet, mais l’arrivée près de Vardo se fera dans une purée de pois comme on n’en n’avait plus vu depuis l’Islande. On ne voyait pas à 5 mètres, quelques rennes perdus dans le brouillard, et arrivés à Varanger view, un certain niveau de perplexité pour trouver perdu au milieu de rien, le long un chemin de terre dont on était pas sur dans le brouillard que c’en était vraiment un, notre « Cabine », bloc rectangulaire avec une énorme baie vitrée donnant sur… du gris.




