

On a toujours aimé les paysages de bout du monde avec Virginie, Ce moment où l’on sent que tout lâche prise.
La civilisation bien sûr avec la raréfaction progressive des constructions humaines, et ces rares ilots de gens qui envers et contre tout font le choix de demeurer dans des endroits aussi hostiles et isolés.
Les reliefs, qui là aussi semblent progressivement s‘être usés contre les éléments et qui s’aplatissent tandis que a végétation qui elle-même semble avoir renoncée, laisse le plus souvent place à mesure qu’on approche du but à une végétation rase, des grandes pleines herbeuses.
La faune, qui se résume le plus souvent aux oiseaux et aux espèces marines.
Et la météo qui à mesure qu’on monte ou descend dans les latitudes extrêmes devient rude, venteuse, froide, souvent brumeuse. Pas étonnant que les anciens y voyaient la fin du monde et l’impression qu’ils arrivaient à un gouffre dont ils tomberaient dans le néant s’ils continuaient à avancer.
On aura au cours de nos périples été dans ces endroits. Le pole nord, le Groenland, la pointe nord de l’Islande, l’ile de Vancouver, mais aussi aux antipodes, avec Ushuaia, le cap en Afrique du sud, la pointe sud de la Tasmanie et de la nouvelle Zélande.
Vardo ne déroge pas à cette règle. On est arrivé hier dans un tel paysage, entouré d’une brume à couper au couteau. Ce matin, quand on ouvre les rideaux, le même paysage s’offre à nous.
Est-ce que pour autant cela nous condamne à une journée sans ne rien faire ? Que nenni. Vardo est réputé pour sa falaise sur l’ile de Hornoya et ses 100 000 oiseaux.
Certes, ceci est vrai jusqu’au 15 août, et nous sommes le 20. Est-ce si important ? Dans le monde animal, oui malheureusement et on le sait pour l’avoir expérimenté à de nombreuses reprises en Islande pour voir les macareux.
Ces derniers viennent quelques mois sur les côtes pour pondre et t élever les plus jeunes mais l’appel du large est immuable et tous les ans, aux mêmes dates à la journée près, ils repartent comme ils sont venus.
Mais cela ne nous a nullement découragés et même si on sait qu’on ne verra virtuellement plus d’oiseaux, d’expérience les lieux désormais déserts restent magnifiques et ces oiseaux on les a vus 10 fois. Aussi quand j’essaye de trouver un bateau pour Hornoya, j’apprends qu’à Vardo depuis 2025 il n’y a plus que 2 organismes qui ont le droit de t’y amener car l’accès est réglementé et seuls 11 personnes ont le droit d’être sur l’ile en même temps pour ne pas troubler la faune.
Le premier me répond que les oiseaux sont partis – ca je le savais – et que donc il ne fait plus le tour. Le second qui se trouve également être notre hébergeur car il possède l’hôtel Vardo ainsi que les 2 « cabines » dans laquelle nous logeons, me répond également qu’il n’y a plus d’oiseaux, mais accepte quand même de nous y emmener.
Ils avaient proposé initialement 12-13h. J’avais demandé si on pouvait faire vers 10h30 plutôt pour se laisser la possibilité de faire quatre chose l’après-midi si leur proposition n’était pas liée à des considérations météos. Ils avaient répondu ok.
Mais ce matin, force est de constater qu’à 9h on est toujours dans notre purée de pois. Je contacte Lone avec qui j’échangeais par mail depuis hier pour lui demander ce qu’elle en pense. Lone s’avère donc être une fille contrairement à ce que je pensais. Elle me dit que les conditions météos maritimes sont parfaites (en gros on ne se fera pas démonter la tête dans la mer de Barents), mais qu’effectivement on ne voit rien du fait du brouillard. On convient donc de décaler vers 11h30 où cela devrait se lever. Rdv à l’hôtel. Lequel ? Il n’y en a qu’un à Vardo. Ah ok.. (l’effet bout du monde).
Et en effet, vers 10h au moment où on quitte notre cabine, cela se dégage au moins au niveau de la terre et on aperçoit même une première langue de ciel bleu. On se dirige donc vers Vardo qui est une petite ile à 3km du continent et qui se rejoint par un tunnel sous-marin. Encore une fois le témoignage Norvégien d’une infrastructure incroyable déployée pour quelques milliers d’âmes.


J’avais repéré un petit circuit à pied qu’on pouvait faire en 1h – 1h30 dans le centre de Vardo et une sculpture monumentale sur la pointe de l’ile à quelques kilomètres. J’opte donc pour la structure monumentale pour pouvoir ensuite tout faire à pied après notre sortie bateau.
La structure s’appelle le Drakkar – Leviathan. Google nous dépose au bord de la mer. « Vous êtes arrivés »… devant un énorme tas de bois qui ressemble à une déchetterie de tri sélectif. On a été habitué en France au drame des œuvres de ronds points inexplicables (et indéfendable tant sur le plan financier qu’esthétique), mais dans les pays nordiques, d’habitude c’est mieux.
Et en effet, Google a considéré qu’on n’irait pas plus loin en voiture mais à bien y regarder l’œuvre est en fait à 2 km. Autre signe de bout du monde, Google n’est pas à jour sur les cartes routières. On poursuit donc et on arrive enfin devant une œuvre monumentale particulièrement réussie mêlant astucieusement l’avant d’un drakkar et le corps d’un squelette d’animal marin (le Leviathan).
Très photogénique d’autant que les dieux sont cléments et que le beau temps s’invite au-dessus de nos têtes. On est tous seuls ce qui rajoute au charme quasi mystique du lieu entre beau temps sur la côte et brouillard toujours sur la mer de Barents.






A propos de mer, Noah vient de disparaître pour aller toucher l’eau. A ces latitudes elle pourrait être plus froide. Environ 7 degrés. C’est la fin de l’effet du courant chaud du Gulf Stream qui vient mourir non loin de là.
On se retrouve sur une grande plage de galets juste en dessous de l’œuvre. Noah et Virginie se mettent à faire une collection de galets. Plus inspirés que moi par les peintures rupestres visiblement, Noah se met dans la peau d’un archéologue et se met à creuser parce que je cite : « les plus beaux cailloux sont forcément au fond », tandis que Virginie des cavernes se met à graver nos noms sur les galets ainsi que celui de Stella dont s’est l’anniversaire aujourd’hui. L’occasion d’une vidéo qui nous a bien fait marrer qu’on lui a envoyé.
Elle pose ensuite consciencieusement les 3 galets avec nos noms pour une photo « de famille » et dépose le galet de Stella un peu plus loin. Je vois déjà dans 5 000 ans les descendants de nos archéologues se mettre à conjecturer sur la raison pour laquelle Stella, n’est pas avec le reste du groupe. Elle devait être une sorte de divinité veillant sur Fred ; Noah et Virginie, mais plus incroyable encore, l’inclinaison – bien involontaire– de 15 degrés du galet devait pointer vers l’étoile Vega signe de préscience pour ce peuple primitif car c’était la planète d’origine des premiers extraterrestres qui arrivèrent sur terre en 3754. Voila voilà…




C’est pas tout mais il est près de 11h20, il est temps de rejoindre le port. Noah file devant. Sur le chemin on retrouve le gant qu’il vient de perdre. Arrivés à la voiture, il n’est pas là. Il a joué à où est Charlie au milieu de la végétation. Objectivement jusqu’à a ce qu’il se lève, je ne le trouvais pas malgré la voix. Saurez-vous le retrouver ? (c’est notre petit jeu à chaque voyage..)
Au port, bonne surprise, le temps s’est levé. Il y a encore de la brume sur une partie de l’eau, mais c’est beaucoup mieux. On prend RIB boat. On enfile un gilet de sauvetage un peu vite ce qui fait que c’est une fois sur le bateau bien harnachés et après avoir pris une première vague sur la tête qu’on se dit qu’on aurait peut-être dû mettre les k-ways. C’est un peu comme en Guadeloupe mais avec 20 degrés de moins…



Comme prévu les iles sont très sauvages. Dès qu’on contourne la première île qui n’est qu’à 10 minutes du port, la mer d’huile laisse place à une mer plus dure. Sans se faire saucer, on prend de la vague sur nous même en zodiac. Le capitaine décide donc de repartir de l’autre côté pour qu’on soit plus à l’abri, du côté de Reinoya. Là on voit tout d’un coup sortir une première tête hors de l’eau, puis une seconde.
Mais oui, ce sont des otaries ! Noah fiat à juste titre le parallèle avec le jeu de fête foraine ou tu tapes avec un maillet sur les taupes qui sortent. C’est exactement cela ! Elle restent tout de même à une certaine distance mais c’est marrant comme tout à observer.

On accoste ensuite sur l’ile. Une nuée de Cormorans pas farouches pour deux sous nous y attendent. En Sologne, habitués qu’ils sont à prendre un coup de fusil à longueur de temps ils s’éloignent dès que tu t’approches ç moins de 30 mètres. Ici, tu dois les pousser du pied pour te frayer un passage entre eux.
Il n’y a quasiment plus ici que des cormorans juvéniles, des mouettes et des goélands. Les macareux sont en effet tous partis. Rencontre du 3ème type entre Virginie et les petits cormorans dans leurs nids.
Il y a une trentaine d’aigles également sur l’ile. On en observe plusieurs se faire attaquer par les mouettes qui pour les éloigner tentent de fondre sur eux à coups de becs dans les airs. Les aigles les évitent nonchalamment avec ces décrochages caractéristiques des rapaces comme s’ils tombaient subitement comme une pierre avant de se rétablir quelques mètres plus bas. Mais cela démontre un semblant d’efficacité car ces derniers s’éloignent le plus souvent. Moins sur que cette tactique fonctionne si l’aigle a réellement repéré son futur déjeuner.







On grimpe dans la falaise par un réseau de marches, longeant les nids occupés ou récemment vides. Grandes falaises de calcaire.. Puis on prolonge en faisant le tour de l’ile jusqu’au sommet où se situe le phare et des anciennes fortifications allemandes. il y a des cloud berries qu’on cueille pour goûter. Un espèce de mélange avec de la framboise pas mure et du cassis. C’est correct mais pas incroyable. impossible de faire goûter à Noah. Quand on pense qu’il y a un an il mangeait au brésil une larve vivante. Je vous jure…






Retour au port vers 14h sous un beau soleil. On a passé un chouette moment. Au port, on passe sur un remake plus sympathique du mouvement MAGA !!! Lone s’excuse du manque d’oiseaux mais je la rassure sur le fait qu’on savait et que cela nous a beaucoup plu d’autant que le temps a été au rdv la plupart du trajet.




Noah a faim. Incroyable, on en croit pas nos yeux : On profite de l’occasion pour aller à Haugenstua prendre une giga pizza à l’américaine au Chorizo pour 3. Rassasiés, on tente de déambuler dans Vardo pour voir un peu de street art. On en sortira Saumon (si vous avez suivi, cela veut dire qu’on ne verra rien. En fait, les indications Chat Gpt, claude etc.. ; sont globalement fausses et surtout on comprend que depuis 2012 date à laquelle de nombreuses fresques ont été réalisées dans le cadre d’un projet, elles n’ont pas été entretenues donc de nombreuses fresques ont disparues avec les intempéries.










On opte donc pour une petit visite de la forteresse. Un fort de 1 730 en étoiles à 8 branches avec des canons à chaque bout, un mur d’enceinte de 3 mètres de haut et des baraquements en leur centre. Alors qu’on parcoure le mur d’enceinte, Noah fait son husky en courant dans tous les sens, nous suscitant un certain niveau d’inquiétude vu que le rempart est étroit, herbeux avec des trous et surtout sans protection sur les côtés. Virginie, elle me demande ce qu’il y avait avant et où est la forteresse ? je mets du temps à comprendre la question. Ca doit se voir sur ma tête car quand elle a l’impression que je la prends pour une idiote elle s’agace. « Mais enfin, la, il y a les petites maisons toutes mignonnes avec les toits avec de la verdure dessus, et l’herbe charmante sur les remparts ? ». Ben c’était ça le fort. C’était juste joli ». « Ah ok.. ».





On décide ensuite d’aller au Stelleneset mémorial à 3 minutes à pied du fort. De loin , personnellement, je trouve que ça ressemblait à rien. Mais une fois à l’intérieur je revois totalement mon jugement. C’est magnifique et très émouvant.
Ce mémorial est dédié à la mémoire des 91 personnes qui ont été brulées vives après avoir été condamnées pour sorcellerie au 17ème siècle.
On a de la chance, là aussi, on est seuls au moment de la visite. On entre dans la structure via une porte qui ressemble à une porte de bunker et là, c’est magique. Le bâtiment qui doit faire 50 mètres de long pour moins de 2 m de large est plongé dans une semi obscurité éclairé par 91 ampoules. Devant chacune d’entre elle, le nom de la personne tuée, ce qu’on lui reprochait, et le verdict qui avait été rendu conduisant à sa condamnation à mort.
C’est tout en norvégien, donc pas traduit. Mais merveille de la technologie, je commence à en prendre une en photo et Chatgpt me la traduit automatiquement. J’en lis une ainsi, puis deux, puis trois. C’est édifiant. Tous ces noms norvégiens se ressemblent mais je sens y voir comme un schéma qui se répété dans les noms, ce qui leur ait reproché, les témoins…
J’en prends 20 en photos et les balance toutes à Chat Gpt en lui demandant de me chercher le pattern derrière ces condamnations.
C’est passionnant et l’on peut vraiment se dire qu’on a basculé dans une nouvelle ère. Ce n’est pas une intelligence artificielle, malheureusement, c’est vraiment une intelligence, et bien meilleure que nous. Je ne sais aps ce qu’on va devenir dans les 10 ans qui viennent…
Je vous livre in extenso son analyse :






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Les procès de sorcellerie du Finnmark : comment se construit un récit collectif
Au début du XVIIe siècle, dans les petites communautés du Finnmark, la mer décide de presque tout. Elle nourrit les habitants, mais tue régulièrement pêcheurs et marins. Naufrages, mauvaises pêches, maladies du bétail ou décès restent souvent sans explication.
Dans ce contexte, la sorcellerie offre une causalité simple : une dispute précède un malheur, et la personne avec laquelle on s’est querellé peut être accusée de l’avoir provoqué par magie.
Mais les procès montrent surtout comment, au fil de plusieurs décennies, la procédure judiciaire va elle-même construire un récit de plus en plus cohérent et spectaculaire.
1617-1621 : de la catastrophe à la conspiration satanique
La grande tempête de Noël 1617 constitue un tournant : dix bateaux auraient été perdus et quarante personnes seraient mortes. Lors des procès de 1621, cette catastrophe réelle reçoit une explication surnaturelle.
Mari Jørgensdatter raconte que le Diable lui est apparu, lui a demandé de le servir et qu’elle a rejoint d’autres personnes à Ballvollen, près de Vardø. Transformées en corbeaux, chiens ou chats, elles auraient participé à des assemblées et provoqué la tempête.
D’autres accusées livrent des récits similaires. Marrite Olufsdatter explique avoir appris de Kirsten Sørensdatter une technique permettant de contrôler le vent en nouant puis dénouant des nœuds sur une corde. Kirsten finit elle aussi par avouer : pacte avec le Diable, assemblées nocturnes et attaques contre des navires. Lisebet Nilsdatter évoque Satan sous la forme d’un bouc gris, le vol du lait des vaches et des attaques collectives en mer.
C’est un basculement essentiel : on ne parle plus simplement d’une femme ayant jeté un sort à un voisin, mais d’une société organisée de sorcières servant Satan et capable de provoquer collectivement des catastrophes.
Une mécanique judiciaire qui fabrique ses propres preuves
Le fonctionnement des procès permet de comprendre pourquoi les témoignages finissent par autant se ressembler.
Une personne est accusée après un malheur. Elle nie. Elle peut alors subir l’épreuve de l’eau : attachée et jetée à l’eau, elle est considérée comme coupable si elle flotte. Viennent ensuite les interrogatoires et parfois la torture.
Les confessions deviennent alors beaucoup plus détaillées : l’accusée raconte comment elle a appris la magie, décrit Satan, des réunions nocturnes ou des transformations en animaux, puis donne les noms d’autres personnes.
Celles-ci sont arrêtées à leur tour et interrogées sur des événements que les juges connaissent déjà. Sous la même pression, elles peuvent confirmer certains éléments et désigner de nouvelles personnes.
Ainsi :
A accuse B → B accuse C et D → C confirme une partie du récit et accuse E.
Lorsque E est finalement jugée, le tribunal dispose déjà de plusieurs témoignages apparemment indépendants contre elle. Le système produit donc lui-même la concordance qu’il utilise ensuite comme preuve.
1632-1638 : le récit est désormais installé
Une dizaine d’années plus tard, les mêmes motifs réapparaissent.
Kari, femme de Jetmund Siversen, raconte encore qu’une tempête a été créée en nouant trois nœuds dans un tissu avant de le jeter à la mer au nom du Diable.
Le cas de Marrite Thamisdatter est particulièrement révélateur : elle nie d’abord les accusations, subit l’épreuve de l’eau, continue de nier, puis est condamnée et torturée. Après la torture, elle livre finalement un récit détaillé : apprentissage de la sorcellerie, démon appelé Gammel Lucifer, maléfices et noms de complices.
Transformations animales, sorts contre le bétail, naufrages et actions collectives deviennent ainsi les éléments récurrents d’une véritable mythologie judiciaire locale.
1657-1663 : Domen et l’apogée du récit
Lors de la dernière grande vague de procès, notamment en 1662-1663, cette mythologie atteint sa forme la plus élaborée.
Le principal lieu de réunion des sorcières devient désormais Domen, la montagne située près de Vardø. Les accusées racontent qu’elles s’y réunissent pour boire, danser et jouer de la musique ; Satan lui-même peut y apparaître et jouer du violon.
Les mêmes événements circulent d’une confession à l’autre. Le navire de Jens Ottesen revient à plusieurs reprises : différentes femmes auraient participé à une tentative pour le faire sombrer, parfois transformées en oiseaux. D’autres auraient essayé de chasser les poissons loin des côtes, menaçant directement la survie de la communauté.
Margrette Jonsdatter, Dorette Lauritsdatter, Birgitte Olufsdatter et d’autres apparaissent ainsi dans des récits qui se croisent et se renforcent mutuellement.
À ce stade, une confession devient presque automatiquement l’acte d’accusation du procès suivant.
Derrière Satan, des conflits très ordinaires
Ce qui frappe pourtant dans ces procès, c’est la banalité des événements qui déclenchent souvent les accusations.
Une dispute concerne un poisson, une vache, un salaire, un loyer, un vêtement, un tonneau de farine, un piège à phoques ou un marin refusant de payer. Puis survient une maladie, un accident, une mauvaise pêche ou un décès.
Le raisonnement devient alors :
« Nous nous sommes disputés → elle m’en voulait → un malheur m’est arrivé → elle l’a provoqué. »
Le tribunal transforme ensuite ce conflit individuel en crime surnaturel, puis l’intègre à une histoire beaucoup plus vaste.
Un même récit transmis pendant quarante ans
C’est finalement ce qui relie les trois grandes vagues de procès — 1621, 1632-1638 et 1662-1663.
Elles ne constituent pas trois histoires indépendantes, mais plutôt trois générations successives d’un même récit, qui se transmet, s’enrichit et se transforme au fil des interrogatoires.
Ballvollen laisse progressivement place à Domen ; mais Satan, les transformations animales, les nœuds qui commandent le vent, les tempêtes, les navires ensorcelés et les attaques contre la pêche demeurent.
Les catastrophes, elles, sont bien réelles. Ce qui est construit progressivement, c’est leur explication.
C’est pourquoi la concordance des témoignages ne prouve pas nécessairement la réalité des événements racontés. Elle révèle surtout comment une croyance collective, associée à une procédure judiciaire coercitive, peut fabriquer un récit extrêmement cohérent.
Et c’est peut-être l’aspect le plus saisissant de ces procès : les accusées deviennent progressivement les preuves les unes contre les autres, jusqu’à ce que le système judiciaire produise lui-même la réalité qu’il croit découvrir.
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Le mémorial se finit par une autre structure indépendant du bâtiment principal au centre duquel brûle violemment des flammes alimentée au gaz, symbole des buchers.
C’était assez génial je dois dire et on a eu de la chance car en repartant un énorme pèlerinage de norvégiens, emmené par un porteur de drapeau norvégien se dirige vers le mémorial.
La beauté de la visite c’était aussi d’être seul dans la structure, de pouvoir voir l’immensité et le silence de ce couloir. Bon timing.
La journée aurait pu s’achever là-dessus, mais tout le monde a envie de retourner au drakkar. Noah pour continuer son archéologie, Virginie pour pousser un peu plus loin voir ce qu’il y a tout au bout de l’ile. Il se trouve qu’il y a là-bas les restes parfaitement conservés d’un bunker allemand de la seconde guerre mondiale du temps de l’occupation qui visait à bloquer la mer de Barents utilisée par les alliés pour fournir la Russie en armes.
On n’ira pas jusqu’à visiter les sous-sol pour éviter les risques d’éboulement dans le noir, mais tout le reste était bien conservé ? L’occasion d‘expliquer à Noah ses fonctionnements.








Il est 17h et comme hier, le brouillard venant du large commence à gagner la côte. A peine sommes nous rentrés chez nous que le brouillard nous envahis. On dîne à la maison au chaud au milieu de nulle part.

