

Comme chaque année, on part à 3+1. cette année, ce sera donc Corbac, qui parait-il n’a jamais été en Norvège.
Réveil 5h50, ça pique. Mais à 6h20 tout le monde est dans le taxi. 8h50 dans l’avion. Départ à l’heure, vol direct, atterrissage à Tromso à 12h25. Bagages (nombreux) livrés à 12h35. Mais sortie du parking du loueur automobile 14h15 soit la moitié de la durée du vol Paris – Tromso…
Bon ben voila, tout est dit. Le monde depuis 20 ans a été chamboulé de toute part, sauf les loueurs de voiture. Par quel miracle malheureux ceci est encore possible mystère. J’aurai bien pris un Get Around (qui sait vous livrer votre voiture en 3 minutes top chrono, mais malheureusement, si on récupère le véhicule à Tromso, pour les besoins du parcours, on retournera notre véhicule à Kirkenes à quelques kilomètres de la frontière russe, soit à 840 km de là, et Get Around c’est de la location de voitures de particuliers ce qui explique qu’on a du prendre un loueur de l’ancien temps.
Et donc on est tombé en plein dans le cliché. 4 loueurs, côte à côte mais tout le monde (dont moi) a réservé chez Sixt, donc pendant que les autres te regardent comme des merlans frits, on est dans la queue pour attendre notre véhicule. 1 seule personne au comptoir au début bien sûr, puis quand le premier client semble bloqué depuis 10 minutes au comptoir, une second arrive. Cela n’avance guère plus vite. Pourquoi alors qu’il suffit de donner des clés et s’ils étaient malins d’avoir enregistré tout en ligne avant, c’est un mystère.
Quand finalement on récupère les clés, elle nous indique de manière évasive ou se trouve le parking, ce qui fait qu’on se rajoute 5 minutes de plus à arpenter le mauvais, puis quand on arrive enfin dans le bon parking et qu’on trouve notre véhicule tout cabossé, petite nouveauté, impossible de faire démarrer la bagnole. D’abord on pense que c’est parce que toutes les ceintures ne sont pas mises à cause des alertes et comme on a déjà une caravane avec nous des sacs à l’arrière semblent faire office de passager. Mais après avoir attaché les ceintures c’est toujours pas cela. Virginie ne cesse d’allumer et d’éteindre le moteur ce qui n’a aucun intérêt. La pression monte, je lui donne 2-3 vagues conseils, qu’elle ne suit pas vraiment (enfin elle dira que non, mais bon on sait Noah ce qu’on a dit hein ? ). Je repars vers le loueur dans un crachin norvégien. Toujours la queue au guichet. Alors que c’est enfin mon tour, Virginie m’appelle pour me dire qu’elle a trouvé : il suffit d’appuyer sur « ON » avec le pied sur le frein puis d’appuyer à fond sur l’accélérateur et le moteur se met en route. Ben non, si c’était ça on serait tous morts au volant de cette bouse depuis longtemps. Le premier qui oublie de mettre au point mort et il défoncerait ce qu’il y a devant lui. Bon il s’avère que c’est un hybride qui ne fait pas de bruit, donc ce n’est pas la peine d’accélérer à fond (heureusement), mais il faut passer directement sur Drive même si on n’entend rien, et en accélérant on démarre.
Nous voila donc partis (il est 14h15) accompagnés cette fois de bips particulièrement horripilants. En effet, dès qu’on dépasse la limite de vitesse ça bipe en continu, sauf qu’ici la limite c’est 30 à l’heure et qu’on ne va pas se contenter de rouler à 390 à l’heure… Pendant que ça bipe dans tous les sens et que je donne les indications de direction, je parcours tous les menus de la terre de l’écran tactile sans jamais rien trouver pour faire taire cette fichue bagnole. C’est Chat Gpt qui avec le modèle du véhicule finira par nous rendre la vie vivable en indiquant que sur ce modèle c’est sur l’une des 12 commandes au volant dans le 3ème menu qu’il faudra chaque fois qu’on allume le véhicule désactiver l’assistance de vitesse. Fucking technologie.
Mais où allons-nous, vous demandez-vous ? Et bien l’avantage quand on attend 40 minutes dans la queue chez Sixt, c’est que cela laisse le temps de reconfigurer le programme qu’on avait savamment concocté avant le départ pour s’adapter à la réalité sur le terrain de la météo nordique..
A priori, malgré le temps plus que maussade, on devrait avoir du soleil tout l’après-midi au moins jusqu’à ce qu’il se mette à flotter à partir de 20h. Ensuite risque de pluie toute la journée de demain et à nouveau temps correct lundi. Du coup, j’avais abandonné la petite visite prévue à Tromso aujourd’hui qu’on pourra faire même s’il flotte demain pour aller à Ersfjordvegen – 56 points sur un mot compte double – et plus précisément dans le café Bryggejentene (que 52 points celui-la, enfin seulement si tu n’as pas posé le premier mot car sinon tu n’as plus de consonnes pour écrire le second).
Bryggejentene est en bord de fjord. Une première faute d’orthographe d’une lettre m’a envoyé à 0 minutes de là, ce qui s’annonce mal car je ne vois plus rien de près depuis quelques mois (jeme suis résolu à acheter une paire de lunettes mais pas encore à les mettre).
Toujours est-il que à seulement 20 minutes de l’aéroport, on est franchement dépaysés. Dire qu’on était à Paris porte de la chapelle dans un taxi il y a 5 heures de cela. C’est quand même magique l’avion.
Noah a sombré 1 minute avant d’arriver. Mais ce qui est bien avec lui, c’est qu’un mars et ça repart. Un petit bisou dans le coup suivi d’un « Paris…. Est magique !! » et hop, il est debout, joyeux, et s’empresse donc de sortir de la voiture pour découvrir son nouveau terrain de jeu. Virginie comme à l’accoutumée est déjà parfaitement adapté sur le plan colorimétrique à son environnement.





L’endroit est top. Surplombant le fjord, le café bien dans le style nordique comme on les aime. Moitié coffee shop, moitié salon de thé. Alors qu’on cherche où s’asseoir dehors, j’interpelle une serveuse qui me calcule pas au point que Noah commence à se moquer du vent qu’elle m’a mis. Sympa l’accueil…. On commande 4 trucs de snacking pour 100€ (bienvenue ne Norvège) et la serveuse me tend le même plateau que j’avais vu dans les mains de la serveuse. J’ai compris. C’est le coup de l’Apple store à l’envers. La nana que j’ai interpellée était en fait une cliente avec son plateau. Trop drôle.
Noah se plonge dans son Astérix dos au fjord, Virginie disparait dans la partie boutique tandis que je profite – seul – d’un moment de calme après l’ouragan de Sologne des derniers jours. Notre petit paradis prend vie. Un rayon de soleil sort entre les nuages et nous réchauffe. Virginie revient, Noah lève la tête de sa bd et se rend compte que ce qu’il adore et qu’il sirotez depuis 3 minutes, c’est la limonade à la rhubarbe que je lui ai servi alors qu’il avait indiqué clairement qu’il détestait cela. Nos plats tous plus appétissants les uns que les autres arrivent.






Noah qui a même goûté un toast au Salami (waouh) nous laisse tous les deux en amoureux, et va vire sa vie à 100 mètres de là sur le dernier rocher de la digue, à observer le fjord, seul, au calme. C’est touchant. Ca doit lui faire du bien ce petit moment de solitude.







Virginie repart à la boutique et je rejoins Noah. On passe un beau moment tous les deux, puis tous les trois.



En repartant, Noah traîne un peu et se met à mimer la chorégraphie de Thriller de Micakel Jackson avec les zombies.
On décide de retourner un peu sur nos pas en voiture pour aller au départ d’une petite rando de 2h. Apparemment en 20 minutes on monte suffisamment haut pour avoir une vue sur les 2 fjords et en effet ça vaut le coup. En revanche c’est déjà bien humide, voir marécageux par endroit. J’imagine après-demain en rando quand il aura plu toute la journée. Pendant qu’on observe le fjord, Noah se met à mimer la chorégraphie des norvégiens de Erling Haaland imitantt les rameurs Vikings durant la coupe du monde, quart de finaliste quand même alors qu’ils ne sont que 6 miliions d’habitants. chapeau !



Mine de rien il est presque 17h. L’heure d’aller au supermarché faire les courses et prendre possession de notre maison pour les 2 prochaines nuits. Située sur une petite ile qui donne sur Tromso, la vue est magnifique. Virginie se met en cuisine pour un mais grillé, des petites boulettes de viande tandis qu’on explique à Noah les exploits de l’alpiniste Nima Purja qui vient de disparaître dans une double avalanche au Broad Peak il y a quelques jours. Il avait gravi 14 sommets de plus de 8000 m en 5 mois en 2019. On décide donc de voir son exploit sur le reportage Netflix avant de s’endormir.

