Hier soir, devant les prévisions météo, j’ai décidé de tout changer. Ils annoncent une journée de pluie non stop à partir de 10h et il n’y a objectivement que de la rando de sympa à faire dans le coin. C’était ma journée sécurité que j’avais calé dans chaque région pour pallier au mauvais temps.
Si on reste à Lyngen le 17 août, ce sera cocooning maison et 4h de voiture le 18 pour Alta alors que la météo devrait être meilleure ce jour là, puis à nouveau 6h de route le 19 pour finir notre traversée d’ouest en est pour rallier Varanger à côté de Kirkenes.
Aussi, idée de dernière minute, je propose de partir dès le 17 pour Alta (tant pis on perdra notre nuitée à Lyngen) et de rester 2 nuits à Alta. Ca permet de faire la route quand il pleut, de profiter d’une journée pleine à Alta et de couper comme cela notre grand trajet routier en 2.
Evidemment pas de place le 17 au soir dans notre hébergement du 18 à Alta, mais je trouve un hébergement qui m’a l’air très sympa à seulement 7 minutes en voiture : le Holmen Husky lodge. C’est un élevage d’Husky donc on pourra aussi faire un tour avec les Husky le 18 au matin.
Comme tout le monde est enthousiaste, en 5 minutes l’affaire est entendue et notre responsable bagages se met en ordre de marche pour qu’on soit partis de Lyngen à 9h10 demain matin.
Pourquoi 9h10 ? Mais parce qu’on doit prendre un ferry et donc attraper celui de 10h qui va à Olderdalen et nous fait ainsi économiser 3h de route.
Les ferry ne se réservant pas, et fort de notre expérience ratée du dernier ferry à 5 voitures prêt, nous voici donc devant la queue numéro 1 du ferry à 9h30 tapante qui est… vide.
C’est pas bon signe. Pendant que Virginie en profite pour refaire le plein d’essence et se ravitailler en cochonneries, je vais jeter un œil. Prochain ferry 10h50…
Celui-là je l’avais bien repéré mais il y en avait un aussi à 9h52. Renseignements pris, les norvégiens reprennent aujourd’hui le chemin de l’école et les horaires de ferry ont changé ce matin. En l’occurrence, le 9h52 est désormais supprimé jusqu’en avril prochain avec effet immédiat. On s’est fait saumoner (oui depuis notre expérience où l’on n’a pas pu voir les saumons remonter la rivière, on est soit saumon, soit renne. Et quand on est saumon, c’est qu’on est marron).
On est dans un endroit paumé, je propose d’aller visiter le centre de Lyngen pour passer le temps. Renseignements pris, le départ du ferry est dans le centre de Lyngen. On y est donc déjà… Le seul café semble fermé donc on part marcher au pif sur la grande route 10 minutes, puis on revient quand on voit un nuage noir se diriger vers nous annonciateur de la pluie prévue aujourd’hui. Virginie retourne dans le supermarché et se rend compte que le café qu’on croyait fermé (à notre décharge, il y avait une pancarte « sorry we are closed » marqué sur la porte), a en fait une autre porte dans le supermarché qui elle, est ouverte. Ce sera donc thé, chocolat chaud et bagel pour patienter au Alperosa Café.




La traversée de 40 minutes se fera sur le pont à compter les méduses dans l’eau – 14 selon les décomptes précis de Noah. Une fois reparti dans la voiture, la fameuse pluie d’est qui nous était annoncée nous tombe dessus. Rideau jusqu’au Bios café à 1h15 d’ici sur la route de Alta pour une petite pause burger / nuggets. Puis à nouveau 2h15 de route que Noah passera le plus clair du temps à dormir conformément à sa capacité à switcher sur off dès qu’on est en voiture.
A son réveil je tente de lui dire qu’on a vu 2 chameaux et 1 dromadaire sur la base d’une photo générée par Chatgpt très réaliste, mais on n’apprend pas au singe à faire la grimace. En même temps c’est flippant la facilité désormais qu’on a à modifier le réel. Le futur fléau de notre société.



Depuis qu’on a quitté Olderdalen, nos parties de scrabble ont pris de l’ampleur. On arrive simultanément en territoire Same (peuple autochtone du coin) et Kvène (tribu plutôt issue de la Finlande ayant migré vers la Norvège). Résultat, tous les panneaux sont désormais en 3 langues avec tout autant de consonnes, mais juste pas dans le même ordre.
L’occasion aussi d’un bref passage historique comme vous les aimez tous. Mais pourquoi est-ce que la Scandinavie est délimitée ainsi avec la Norvège qui vient préempter toutes la côte atlantique de la suède et de la Finlande ? La raison est géographique et non peuple de la terre vs peuple des océans. Tous ces peuples étaient des vikings vivant de la mer. Les peuples Suédois et Finlandais étaient tournés vers la mer Baltique alors que ceux de la Norvège et du Danemark, vers la côte atlantique. De 1397 à 1523, Norvège, Danemark et Suède sont même réunis sous un seul royaume avant que la Suède ne se désolidarise et devienne le peuple dominant tandis que le Danemark et la Norvège resteront un royaume unique jusqu’en 1824.
La Suède a bien tenté à quelques reprises d’annexer les côtes Norvégiennes lui donnant un accès à l’Atlantique, mais c’est la chaine de montagne des Scandes qui délimite en réalité Norvège et Suède. Il était beaucoup plus aisé pour la Norvège de défendre son littoral en faisant du cabotage le long du littoral pour défendre ses villages que pour la Suède de traverser les vallées étroites des Scandes.
Au 17ème siècle à son apogée, la Suède finira par gagner un petit accès du côté de Göteborg au sud et s’en contentera par la suite. Je referme cette parenthèse historico-géographique, mais il faut bien s’occuper en voiture et un peu de culture ne fait jamais de mal.
Virginie va donc se coller tout le trajet sous la pluie jusqu’à l’arrivée à Alta, mais grâce à un coup de chance et une certaine maîtrise de ma part du timing – sans me jeter des fleurs qui pourraient nous porter la poisse pour la fin du voyage – à peine arrive-t-on à Holme Husky et lodge que la pluie cesse.
Et tant mieux car le ranch à Husky est top. On doit virtuellement être les seuls touristes du lodge. Romain, un belge francophone qui vit ici depuis 7 ans et qui rentre tout juste de vacances dans les Lofoten ou il a plut la majorité du temps nous accueille. C’est lui d’ailleurs qui nous fera la visite des Husky demain.
La réception et la salle de restau donnent directement sur une partie du chenil et Noah fait déjà copain avec ses futurs amis à 4 pattes. Que des filles de ce côté. Elles sont en chaleur en ce moment du coup on les a séparées des mâles.
En allant vers notre chambre / tepee hyper moderne, on s’arrête voir les Husky. Romain propose de déposer nos affaires à notre chambre et de faire un premier tour du chenil.


Le Tepee (pas la forme) est dans l’esprit de ce qu’on aimerait bien faire en Sologne avec grande baie vitrée donnant sur la végétation. Noah est conquis. « C’est le meilleur endroit du séjour ».



Et ca ne va que s’améliorer car après avoir fait la connaissance de quelques Husky, Romain nous propose d’aller voir les plus jeunes du chenil. Et là, on se retrouve avec une portée de 9 chiots de 3 semaines avec leur maman. C’est d’une mignonnerie…








A peine rentrés dans notre tepee, il se met à pleuvoir. Si ce n’est pas parfaitement minuté ça… Le temps de se changer et on va se faire notre premier sauna du séjour avec Noah.
Dîner tous seuls devant le chenil. Plat unique de renne pour Noah et moi, et morue pour Virginie. Service en dessous de tout, mais comme on se dit avec Virginie en rentrant, s’il n’y avait pas l’activité Husky et qu’on devait noter l’établissement, ils se seraient fait massacrer, mais comme il y a les Husky, on pardonne volontiers. C’est bien notre problème en Sologne en ce moment. L’équipe sur place n’arrive pas à percevoir cela. En sous-effectif, ils dégomment les activités malgré mes demandes et produisent un service tout au plus correct devant les absences sur les fondamentaux et donc ponctuellement in prend un plomb parce que les activités ne nous sauvent plus la mise. Allez, retour aux vacances, on verra les problèmes ensuite. C’est pas comme si à 3 000 km de là je pouvais beaucoup influer sur les évènements. Espérons que ça tienne.




Au moment de se coucher, on a aménagé le super canapé lit pour Noah. Nous on dort en haut dans la mezzanine avec 5 m de hauteur sous plafond. Noah cherche à négocier pour dormir encore avec nous. On coupe en deux. Il dort dans son lit et pourra venir quand il se réveille. Heure estimée avec le soleil : 3h25 a priori. Comme il le dit si bien au moment ou je lui dit bonne nuit, « A tout à l’heure » et non pas à demain. Tout est dit.
