
Changement de région aujourd’hui. On quitte Senja pour notre transhumance progressive vers Kirkenes, à quelques kilomètres de la frontière russe. Il y a près de 850 kilomètres donc on le fera en 3 étapes.
Un peu moins de 4 heures de route aujourd’hui pour quitter cette région des fjords pour la région de Lyngen, à Svensby précisément.
Plusieurs options s’offraient à nous pour agrémenter la journée, mais aucune de simple. J’avais lancé des bouteilles à la mer j’attendais qu’on me rappelle. Il y avait un zoo arctique qui rajoutait 1h30 de route et qui permettait sous des conditions dont j’attendais le détail d’aller au cœur d’une meute de loups. Une sortie en bateau qui pouvait peut-être partir de FjordGard ou nous sommes d’une durée et d’un prix à vérifier. La rando barden de 3-4 heures avant de partir de FjordGard.
Seule certitude, au milieu des 4h de route, on pouvait faire un stop pour tenter de voir les saumons remonter une cascade sachant que la période officielle s’arrête au 15 août donc avec comme seule chance de voir les retardataires.
Je suis également perturbé dans mes réflexions car mon blog wordpress tombe un peu ne morceaux sous le coup des nombreuses mises à jours critiques que je n‘ose pas faire depuis 5 ans. Pour l’avoir fait en Juillet assisté de l’IA Claude sur le site de résa de Valloire je sais à quel point c’est casse gueule et hautement critique mais en même temps la perspective de perdre d’un coup tout ce que j’ai écrit depuis 7 ans me stresse. Aussi j’ai lancé ce matin une analyse de comment faire une sauvegarde qui marche + un clone pour tester mes montées de version. Claude m’a donné une marche à suivre mais remonté une alerte. Visiblement ce n’est pas que l’Ukraine que les russes tentent d’envahir depuis 3 ans. Ils ont déjà envoyé depuis 2022 un peu plus de 16 000 comptes fictifs sur mon blog ! Cela m’a mis en rogne et je suis bien décidé à faire le nettoyage et renforcer mes défenses.
Pendant que je m’y atèle, nos options de la journée se sont réduites.
- Exit les loups. C’était possible, mais interdit au moins de 18 ans et moins de 1,60m de hauteur pour des raisons de sécurité, histoire que les loups ne te prennent pas pour leur casse-croute.
- Le bateau, ok pour 2H de sortie, mais au départ de Husoy a 35 min de là, et pas avant 10h40 car ils transportaient avant 140 coureurs pour une course de 6h dans les montagnes. Finalement ils pouvaient venir à Fjord Gard mais 700 € la sortie car il n’y avait que nous, ce que je trouvais cher. Concentré sur mon conflit avec mes comptes russes, j’avais tenté une négo agressive qui avait raté devant une Elisabeth inflexible. Exit le bateau
- Ne restait que la rando. Fenêtre météo sans pluie mais avec nuages bas. Virginie suiveuse, mais pas réellement emballée par 5h de rando avant de conduire et le risque de ne rien voir, ou pire de se perdre.
Au moment de partir vers 10h de la maisons et alors qu’on s’apprêtait quand même à enfiler les chaussures de rando, Elisabeth rappelle. Capitulation. Ok pour FjordGard et ok pour le prix demandé. On tombe à 350€ pour les 2 heures. Ca résout tous nos problèmes du matin.
Banco.
Nous voici donc à 10h40 au port de FjordGard qui était à 200 mètres de la maison. On embarque. Le gars est sympa. C’est en fait le patron d’une grosse entreprise de pêche. Il a 7 bateaux dont 4 actuellement en mer pour 6 semaines et il file un coup de main à sa femme pour cette sortie qui, elle, tient l’hôtel dans lequel on a dormi à Husoy.
Gros moteurs, Noah et Virginie sont ravis. L’un pour la vitesse, l’autre parce qu’elle ne devrait pas être malade à bord tant qu’on avance vite. On traverse le fjord en 5 minutes pour rejoindre Husoy où on a dormi il y a 2 jours. L’occasion de voir de la mer le port avec ses travaux visant à augmenter la profondeur du port, et de rejoindre Elisabeth et son terminal de paiement pour conclure « le Deal » comme dirait Trump.




Aucune idée de ce qu’on va bien pouvoir faire sur cette sortie en mer dont le prix a été raboté. A Husoy il me propose de prendre une canne à pêche si on veut pêcher. Ah ben oui, bonne idée. Noah aime bien l’idée d’aller pêcher de la morue. Moi, j’ai passé l’âge pour les morues.😉
Sans partir vraiment en pleine mer on sort un peu du fjord et on coupe les moteurs. Je vois l’angoisse de Virginie monter immédiatement et proportionnellement au sourire de Noah qui voit le début de la partie de pêche commencer. Ca tombe bien de toute façon car la brume a fait son apparition sur le fjord donc de toute façon on ne verrait rien si on naviguait.


Au moins, là, on vit l’expérience à la nordique, et si Noah est bon on aura de quoi dîner ce soir.
Après quelques minutes, on est bredouille et Virginie a viré au vert. On décide avec le capitaine de tenter notre chance un peu plus loin et de faire revenir ainsi en même temps Virginie au blanc.
Bis repetita et cette fois Noah attrape son premier poisson ! Un peu dégueu car il s’est pris l’hameçon dans l’œil, le poisson je vous rassure.





Virginie voulait voir des birds, donc on a rejeté le poisson à l’eau. Cela ne rate pas en quelques minutes les mouettes repèrent la proie. On vit un remake de l’épisode de la vente avortée des sous-marins australiens par la France.
L’australienne se pose à un petit mètre, trop prudente. La française plus téméraire se pose juste à côté. L’anglaise surgit, agresse la française, s’empare du poisson et s’envole coursée par l’anglaise qui vient de perdre son déjeuner. Mais l’aigle américain fond sur l’anglaise et s’empare du poisson. Tout ça, sous l’œil vigilant de Virginie qui voulait absolument voir un aigle est grâce à elle dans la boîte. L’histoire ne dit pas si le chasseur russe en embuscade a fini par mettre une balle entre les 2 yeux de l’aigle, a fini par cuire le poisson à la maison et est mort empoissonné par le poison mis par le chinois depuis 15 ans dans tous les poissons du fjord en prévision de ce moment. Espérons qu’on s’arrête à l’aigle. Un moindre mal en attendant que des Cojones poussent aux dirigeants européens.
On repart sur un autre spot de pêche, le brouillard ne se levant toujours pas, s’est notre meilleur option et honnêtement ça plait à tout le monde. Ca me rassure un peu car en parlant avec notre capitaine, il me confirme que c’est pas juste chez nous que les gens ne bossent plus et ne respectent aucun de leurs engagements. Ils galèrent sur son hôtel au point de faire venir 10 nationalités différentes pour bosser sur place. Idem pour ses bateaux de pêche ou ¼ des marins en se pointent jamais le jour J. Quand aux réparations dans ses apparts à Tromso, il finit par les faire venir de Husoy à 2h de route, tellement il ne trouve personne à Tromso pour le faire. Mmmhh toute similitude avec des expériences récemment vécues n’est donc absolument pas fortuite.
Sur notre 3ème spot de pêche, Noah voir grand et gros. Après 2 alertes, ça mord. C’est du gros ! je lui file un coup de main pour tenir la cane à pêche tandis qu’il remonte la ligne avec le moulinet. Qui du poisson ou Noah va gagner ? c’est Noah qui remonte sa première belle morue. 60-70 cm.




Belle bête. Si j’aimais le poisson, j’en mangerai. Pas peu fier, on l’envoie à Jean louis à défaut de lui envoyer notre photo quotidienne de Norvège sous un ciel bleu qui nécessiterait pour le coup aujourd’hui un sacré coup de retouche Photoshop.
Noah commence à avoir un petit mal de mer passé l’excitation de la pêche. virginie s’essaye 2 minutes à l’exercice mais san sle succès de Noah. On se met à l’intérieur et NOah découvre tous les instruiments à bord ce qui l’occupe sur le retour..
Voila, il est 12h50, on retourne sur Fjordgard, le sentiment du devoir accompli. On accoste sur le quai juste à côté du sauna. Le capitaine repart, Virginie et Noah regardent les grosses méduses sachant que le capitaine nous a montré à bord une photo d’une méduse échouée sur le sable de 3m de diamètre ! Alors que je suis au bout du quai, Virginie m’appelle pour me dire que si je me retourne je verrai les fesses de 2 morues qui sortent du sauna.




Bon c’est mignon comme tout (la petite attention de Virginie, pas les fesses bien sûr). Noah, toujours curieux, me demande ce que maman m’a dit au téléphone. Quand on le lui dit dans la voiture, il dit qu’à choisir, lui, il aurait pas regardé. « Ca changera, tu verras 😉 ».
Direction maintenant un autre mot gagnant du scrabble Malselvfossen. La fameuse cascade à 2h de route où l’on peut observer les remontées de saumon.
A 15h et après avoir longé les nombreux fjords et quittés enfin l’ile de Senja, on arrive à Malselvfossen. On sait que nos chances d’en voir sont faibles vu la saison, mais ka cascade est assez impressionnante en tant que telle et ça fait une pause de toute façon dans le trajet.


Ils ont fait une échelle à saumon ici, l’une des plus grandes d’Europe. Comprendre un petit chenal sur le côté de la cascade qui semble plus ou moins naturel et qui permet aux saumons de mieux affronter s’ils trouvent cet entrée l’énorme cascade qui va les épuiser. Ils ont aussi à cet endroit fait une toute petite fenêtre en verre pour voir les saumons sous l’eau, mais elle est tellement sale qu’on renonce à aller s’enfermer dans ce petit réduit
A l’extérieur et sans la moindre indication autre que Chat GPT qui sur la base de photos me dit où regarder pour avoir le plus de chances d’en voir, on regarde, on scrute tantôt la cascade, tantôt une petite remontée dans l’échelle à poissons. Mais on est bredouilles.


Virginie finit par faire sa gym tout en regardant en levant tellement la jambe sur la balustrade qu’à un moment, de profil, Noah finit sincèrement par se demander un instant où elle a bien pu mettre sa seconde jambe.
Un peu désabusés mais toujours combatifs, Virginie décide de faire le saumon histoire qu’on en voit au moins un, et Noah lui file un coup de « pied » pour l’aider à remonter la cascade. Il était écrit aujourd’hui que cette journée serait placée sous le signe du poisson.



Après cet épisode peu glorieux, on tentera bien une dernière tentative en descendant plus en aval puis en escaladant des rochers. Le fait qu’on s’oit bredouille n’entâche en rien notre gaieté et Noah et virginie dévalent la pente comme des enfants. Visiblement des français en auraient vu 2 fugacement à cet endroit là. Mais c’est vraiment chercher une aiguille dans une botte de foin. On se contentera donc d’un saumon rose.




2h30 plus tard, après avoir déjoué à 2 reprises une tentative de Google de nous faire « gagner du temps » en nous faisant passer par un chemin impliquant un ferry passant que 1 fois par heure, on se retrouve à 30 mètres de la maison sans trouver comment l’atteindre en voiture. Après avoir fais 4 allers et retours devant on trouvera le graal. Bonne pioche. Super maison, très cocooning. Un ménage d’ancien et de moderne toute tournée vers l’extérieur.






Au moment de se coucher Noah a envie de dormir avec nous. Virginie est agacée mais j’avoue avoir trop rigolé avec lui. On voit qu’il a grandit (enfin pas sur l’idée de dormir avec ses parents) mais sur ses argumentaires particulièrement élaborés et humoristiques pour arriver à ses fins. « tu vois papa, si je dors avez-vous, dès le début tu n’auras aucune surprise, je vais me coller à toi, te mettre mes mains dans la figure… » Et puis au lieu de compter le smoutons pour t’endormir, tu pourras compter les arcs en ciel tu vois ? « (depuis 2 jours chaque fois qu’il est dans la rue, il imite le but le plus incroyable du monde à coups de plusieurs arcs en ciel, quelques dribble et une frappe en reprise de volée. A chaque fois il me dit papa, papa regarde, 1 arc en ciel, 2 arcs en ciel… et il éclate de rire en continuant ainsi).
